Wellness by Michael Tomasini

Les mitochondries n'ont pas besoin d'un redémarrage — elles ont besoin de meilleurs apports.

Sur Internet, il y aura toujours quelqu'un pour promettre une “ réinitialisation des mitochondries ” qui rendrait votre régime alimentaire “ 2 à 3 fois plus efficace ”. L'univers est plus vieux que la terre et n'a toujours pas trouvé comment faire ça.

Voici la vérité, plus calme et plus utile :

Les plateaux de progression signifient rarement que votre métabolisme est défaillant. Ils indiquent généralement que votre corps s'adapte : à un apport énergétique moindre, à un stress d'entraînement plus important, à un sommeil de mauvaise qualité, à des perturbations liées aux voyages, ou à une combinaison de ces facteurs.

Cet article est une carte “ sans exagération ” : ce qui est réel, ce qui est spéculatif et ce qui aide réellement — surtout si vous êtes un professionnel occupé qui essaie de rester performant et de garder la ligne tout en voyageant.

1) Le problème du plateau : l’adaptation, et non l’échec

Lorsque la perte de graisse stagne, le corps réduit souvent sa dépense énergétique de façon plus importante que ce que l'on pourrait prévoir compte tenu du poids perdu. Ce “ ralentissement ” est communément appelé thermogenèse adaptative et est largement reconnu comme un facteur majeur de la stagnation. 

Deux implications importantes :

  • Vous pouvez faire de gros efforts et pourtant ralentir vos progrès car votre métabolisme de base et votre “ thermogenèse liée à l'activité non sportive ” (NEAT : thermogenèse due à l'activité non sportive) diminuent discrètement.
  • Si vous réagissez en accumulant encore plus de stress (plus de jeûne + plus de HIIT + moins de sommeil), vous risquez de rendre le système encore plus difficile à gérer.

Pour les personnes soucieuses d'endurance : ce problème ne concerne pas uniquement les personnes sédentaires. Le consensus du CIO sur le RED-S (déficit énergétique relatif dans le sport) souligne comment une faible disponibilité énergétique chronique peut nuire à la santé et aux performances de nombreux systèmes. 

Il existe également un débat légitime sur la précision avec laquelle le RED-S est mesuré sur le terrain (nuance importante), mais le signal d'alarme global est utile : les besoins d'entraînement doivent correspondre à l'apport en carburant et à la récupération. 

2) La “ flexibilité métabolique ” est bien réelle, mais pas magique.

Le discours des influenceurs affirme souvent que vous êtes “ bloqué ” parce que vous ne pouvez pas alterner entre glucides et lipides. Pourtant, la biologie sous-jacente offre de réels points de contrôle :

  • La PDH (pyruvate déshydrogénase) aide à orienter le carburant dérivé des glucides vers l'oxydation ; les enzymes PDK (souvent mentionnées : PDK4) inhibent l'activité de la PDH, éloignant le métabolisme de l'oxydation du glucose.  
  • CPT1 est un régulateur de l'entrée des acides gras dans les mitochondries, et le malonyl-CoA inhibe CPT1 (régulation métabolique classique).  

Mais voici la correction essentielle :

Ces mécanismes ne donnent pas lieu à un diagnostic unique appelé “ blocage métabolique ”. En réalité, les plateaux reflètent généralement une combinaison de facteurs :

  • thermogenèse adaptative  
  • dette de récupération (perturbation du sommeil/rythme circadien, charge de stress)
  • Dérive comportementale (les petites portions deviennent plus grosses, le nombre de pas diminue, les en-cas de voyage apparaissent comme des lutins)

Nous utilisons donc la science comme une boussole, et non comme un conte de fées.

3) Lumière et mitochondries : là où les preuves sont les plus convaincantes

La photobiomodulation (PBM) – application de lumière rouge et proche infrarouge à doses contrôlées – bénéficie d'une solide base de données scientifiques validées par les pairs. Une voie largement étudiée implique la cytochrome c oxydase mitochondriale et la signalisation par l'oxyde nitrique. 

Traduction WbMT :

La PBM n'est pas une solution miracle. C'est un outil qui peut favoriser la récupération et le bon fonctionnement dans certains contextes. La posologie et les attentes sont importantes.

La théorie de la “ batterie EZ-water ” : intéressante, mais pas encore tranchée.

Des phénomènes liés à la zone d'exclusion (ZE) de l'eau à proximité de surfaces hydrophiles ont été mis en évidence expérimentalement en laboratoire, mais leur rôle plus important (notamment en tant que transducteur majeur d'énergie biologique) fait débat. Une analyse critique synthétise les preuves de ces phénomènes et aborde également d'autres explications possibles ainsi que les lacunes de la recherche. 

Des travaux expérimentaux montrent également que l'énergie rayonnante (y compris les infrarouges) peut étendre les zones d'exclusion dans les systèmes modèles. 

C'est un phénomène physique fascinant, mais cela ne nous autorise pas à affirmer que nos mitochondries sont “ chargées comme une batterie ” dans la biologie humaine quotidienne.

Position de WbMT : PBM = outil fondé sur des preuves. EZ-water-as-metabolic-battery = hypothèse spéculative.

4) Le piège du “ piratage avancé ” : où nous traçons une ligne dure

Certaines vidéos passent directement d'idées raisonnables à des solutions comme “ prenez simplement du bleu de méthylène ” ou “ envisagez l'utilisation de peptides ”.”

C'est là que la crédibilité et la sécurité comptent.

Bleu de méthylène

Le bleu de méthylène a des utilisations médicales, mais c'est aussi un inhibiteur de la monoamine oxydase (IMAO) et il peut provoquer une toxicité sérotoninergique lorsqu'il est associé à des médicaments sérotoninergiques (ISRS/IRSN, etc.). 

Donc, affirmer que “ les faibles doses sont très sûres ” en tant que conseils de bien-être général n'est pas responsable.

MOTS-c et peptides

Les peptides dérivés des mitochondries constituent un domaine de recherche prometteur, mais les protocoles d'utilisation de peptides destinés aux consommateurs ne sauraient se substituer à la pratique clinique établie. Pour WbMT : une science intéressante, mais pas une solution miracle pour réparer son métabolisme.

5) Le protocole WbMT “ Better Inputs ” (à l’épreuve des voyages et volontairement ennuyeux)

Voici la partie que vous pouvez réellement utiliser cette semaine.

Entrée 1 : Disponibilité énergétique (surtout si vous vous entraînez)

Si vous suivez un régime draconien tout en vous entraînant intensément, prévoyez des jours de maintien et des semaines de récupération plutôt que d'accumuler les efforts indéfiniment. La thermogenèse adaptative est un mécanisme connu de stagnation. 

Pour les athlètes, le consensus du CIO maintient la vigilance face à une disponibilité énergétique chroniquement faible. 

Contribution 2 : Protéger l’activité physique (NEAT, en nombre de pas) pendant les semaines de voyage

Les voyages privent les voyageurs de mouvement. Il faut donc prévoir des pauses régulières : de courtes promenades après les repas, des allers-retours à l’aéroport, des déplacements entre les réunions.“

Entrée 3 : Ancrages circadiens

Lumière extérieure matinale + légère activité physique le plus tôt possible. C'est l'apport le plus économique et bénéfique pour les mitochondries qui soit.

Entrée 4 : Le stress lié à l’entraînement nécessite une récupération du stress tampon

Évitez d'accumuler : jeûne prolongé + HIIT + manque de sommeil + caféine + semaine de rush. Alternez volontairement les phases de stress et de récupération.

Outil optionnel : PBM (rouge/NIR)

Si vous l'utilisez déjà, faites-le avec modération et constance – pensez “ soutien à la récupération ”, et non “ réinitialisation métabolique ”.” 

Règle de WbMT : des outils, pas de religion – et certainement pas de magie.

Références

  • Aperçu des plateaux de perte de poids et de la thermogenèse adaptative (StatPearls/NCBI).  
  • Déclaration de consensus du CIO sur RED-S (2023).  
  • Examen critique du concept RED-S et des problèmes de mesure sur le terrain (2024).  
  • Mécanismes PBM impliquant la cytochrome c oxydase / oxyde nitrique (revue).  
  • Examen critique de l’eau EZ (IJMS 2020).  
  • Énergie rayonnante élargissant la zone d'échange dans les systèmes modèles (2009) et effets IR sur l'eau interfaciale (2021).  
  • Le bleu de méthylène comme IMAO et risque de toxicité sérotoninergique + communication de sécurité de la FDA.  

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